Qui a succédé à Charles de Gaulle ?

Alain Poher et l’intérim présidentiel

Charles de Gaulle démissionne le 28 avril 1969, après l’échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. La Constitution de 1958 prévoit alors que le président du Sénat assure l’intérim : Alain Poher devient président de la République par intérim dès ce jour.

Son rôle consiste à garantir la continuité de l’État et à organiser l’élection présidentielle, sans engager de choix politiques majeurs. Il exerce cette fonction jusqu’au 20 juin 1969. Alain Poher avait déjà assuré un premier intérim, après la mort de Georges Pompidou en 1974.

Cette transition éclaire le fonctionnement voulu par la Ve République : la vacance du pouvoir présidentiel ne suspend ni les institutions ni le calendrier démocratique. Pour les causes précises de ce départ, consultez pourquoi de Gaulle a démissionné en 1969.

L’élection de Georges Pompidou

Georges Pompidou est le successeur direct de Charles de Gaulle. Ancien Premier ministre du Général de 1962 à 1968, il se présente à l’élection présidentielle anticipée et arrive en tête du premier tour, le 1er juin 1969.

Au second tour, le 15 juin, il bat le président du Sénat Alain Poher avec 58,21 % des suffrages exprimés. Il entre en fonctions cinq jours plus tard, le 20 juin 1969, et devient le deuxième président de la Ve République.

Son élection prolonge la majorité issue du gaullisme, tout en ouvrant une présidence au style distinct : plus attentif à la modernisation économique, à l’industrie et aux grands projets urbains. Le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, décidé sous son mandat et ouvert en 1977, garde la trace de cette ambition culturelle.

La continuité avec le gaullisme

Pompidou conserve les institutions bâties autour de la Constitution de 1958 : un président élu au suffrage universel direct depuis 1965, un gouvernement responsable devant l’Assemblée nationale et un exécutif fort. Il maintient aussi l’indépendance nationale comme ligne diplomatique et la force de dissuasion nucléaire française.

La continuité politique s’appuie sur l’Union des démocrates pour la République (UDR), héritière de l’Union pour la nouvelle République. Pour suivre cette filiation et ses nuances, voir quel était le parti politique de Charles de Gaulle.

Pour autant, Georges Pompidou ne gouverne pas dans le contexte de la Libération ou de la crise algérienne. Après Mai 1968, il répond aux tensions sociales par une politique de croissance et d’équipement, tandis que Jacques Chaban-Delmas puis Pierre Messmer dirigent le gouvernement.

Les présidents succédant à de Gaulle

Au sens strict, Georges Pompidou est le seul président élu juste après Charles de Gaulle. Il meurt en fonctions le 2 avril 1974 ; Alain Poher assure alors l’intérim avant l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. La liste des présidents qui suivent de Gaulle permet de situer cette succession dans la durée :

  • Georges Pompidou, président de 1969 à 1974 ;
  • Valéry Giscard d’Estaing, président de 1974 à 1981 ;
  • François Mitterrand, président de 1981 à 1995 ;
  • Jacques Chirac, président de 1995 à 2007 ;
  • Nicolas Sarkozy, président de 2007 à 2012 ;
  • François Hollande, président de 2012 à 2017 ;
  • Emmanuel Macron, président depuis 2017.

Les alternances politiques changent les majorités et les priorités, sans rompre avec le cadre constitutionnel de 1958. La présidence de de Gaulle reste le point de départ de cette séquence institutionnelle ; la présidence de Charles de Gaulle en retrace les grandes étapes.

L’héritage institutionnel transmis à ses successeurs

Le premier héritage est une procédure claire en cas de vacance présidentielle : l’intérim d’Alain Poher en 1969 en fournit l’exemple immédiat. Le président du Sénat ne remplace pas définitivement le chef de l’État ; il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics jusqu’au scrutin.

Le second est l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Depuis le référendum de 1962, chaque président tire de cette élection une légitimité populaire propre, y compris lorsqu’il appartient à une autre famille politique que le gaullisme.

Enfin, les successeurs de De Gaulle héritent d’institutions capables de traverser les changements de majorité, les cohabitations et les crises. Pour replacer cette architecture dans son histoire, la page Comment de Gaulle est-il revenu au pouvoir en 1958 ? offre la vue d’ensemble du dossier.