La mort de Charles de Gaulle : date, âge et circonstances

La date et le lieu de sa mort

Charles de Gaulle meurt le lundi 9 novembre 1970, à La Boisserie, sa maison de Colombey-les-Deux-Églises, en Haute-Marne. Il a quitté la présidence de la République depuis le 28 avril 1969 et mène alors une retraite volontaire, consacrée à l’écriture de ses Mémoires d’espérance.

La maison de Colombey était depuis 1934 le refuge de la famille. Ce choix éclaire la discrétion de ses dernières heures : l’homme de l’Appel du 18 Juin et de la France libre s’éteint chez lui, loin de Paris et des cérémonies du pouvoir. Pour replacer cet épisode dans son itinéraire complet, consultez Charles de Gaulle : vie, parcours politique et héritage historique.

Quel âge avait Charles de Gaulle ?

Né le 22 novembre 1890 à Lille, Charles de Gaulle avait 79 ans lorsqu’il est mort : exactement 79 ans, 11 mois et 17 jours. Il aurait célébré son quatre-vingtième anniversaire treize jours plus tard.

Son âge résume une trajectoire qui traverse les grands bouleversements français du XXe siècle. De l’élève de Saint-Cyr au chef de la France libre, puis au fondateur de la Ve République, son parcours commence bien avant 1940 : Charles de Gaulle jeune : enfance, formation et débuts militaires en retrace les premières étapes.

Le général avait quitté l’Élysée à 78 ans, après l’échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Son retrait, fidèle à sa conception de la responsabilité politique, contraste avec les onze années durant lesquelles il a exercé la présidence, de janvier 1959 à avril 1969.

Les circonstances médicales du décès

La mort de Gaulle résulte d’une rupture d’anévrisme de l’aorte. Le soir du 9 novembre, après le dîner, il est pris d’un malaise soudain alors qu’il joue une partie de patience dans la bibliothèque de La Boisserie.

Le docteur Jean Denis, médecin de Colombey, arrive rapidement. Il ne peut que constater le décès, survenu vers 19 h 30. Cette rupture aortique, brutale et massive, ne laissait pratiquement aucune possibilité de secours avec les moyens médicaux disponibles à domicile en 1970.

Yvonne de Gaulle, son épouse, et plusieurs proches se trouvent dans la maison. La dimension familiale de cette soirée donne un relief particulier à cet événement national ; elle prolonge une vie privée farouchement protégée, racontée dans La famille de Charles de Gaulle.

L’annonce de sa mort aux Français

La nouvelle reste confidentielle durant la nuit. Le mardi 10 novembre 1970, à 12 h 30, le président Georges Pompidou l’annonce à la radio et à la télévision par une phrase entrée dans la mémoire collective : « Le général de Gaulle est mort. La France est veuve. »

Cette formule brève correspond à la gravité du moment. Elle évite le récit sentimental et reconnaît la place singulière prise par de Gaulle depuis l’Appel du 18 Juin 1940, dont les enjeux sont détaillés dans Charles de Gaulle en 1940 et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les journaux publient des éditions spéciales et les programmes radiophoniques sont bouleversés. Les Français apprennent la disparition d’un ancien président, mais aussi de celui qui avait dirigé le Gouvernement provisoire à la Libération ; découvrez Quelle fonction occupait Charles de Gaulle entre 1944 et 1946 ?.

Les obsèques voulues par le Général

Charles de Gaulle avait laissé des instructions précises : des funérailles simples à Colombey, sans honneurs officiels, sans discours et sans présence de chefs d’État étrangers. Il refusait aussi d’être inhumé au Panthéon ; sa tombe devait rejoindre celles de sa fille Anne, morte en 1948, et de ses parents au cimetière du village.

Le 12 novembre, le cercueil est porté de La Boisserie à l’église Notre-Dame de Colombey-les-Deux-Églises, sur un affût d’artillerie tiré par un véhicule blindé. Une messe est célébrée devant la famille, les habitants et une foule tenue à distance, selon le dispositif souhaité.

La tombe porte une simple croix de Lorraine et l’inscription « Charles de Gaulle 1890-1970 ». Ce signe de la France libre rappelle l’homme de 1940 sans transformer le cimetière en monument d’apparat. Son rapport exigeant aux institutions avait déjà marqué son retour au pouvoir en 1958.

Les hommages nationaux et internationaux

La sobriété de Colombey n’empêche pas un hommage d’une ampleur mondiale. Le même 12 novembre, une cérémonie religieuse se tient à Notre-Dame de Paris en présence de Georges Pompidou, des autorités françaises et de représentants de nombreux pays.

Le président américain Richard Nixon, le chancelier ouest-allemand Willy Brandt, le Premier ministre britannique Edward Heath et le prince Philip figurent parmi les personnalités venues saluer sa mémoire. La présence internationale mesure l’influence d’un dirigeant attaché à l’indépendance française, y compris lorsqu’elle heurtait ses alliés.

La mort de Gaulle fixe ainsi deux images complémentaires : une tombe modeste dans un village de Haute-Marne et une cérémonie nationale à Paris. Elles traduisent la tension qui traverse toute sa vie publique, entre le goût de la retraite et une idée exigeante de la souveraineté française.