Charles de Gaulle : vie, parcours politique et héritage historique

Charles de Gaulle (1890-1970) a marqué la France par trois rôles majeurs : officier et théoricien militaire, chef de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, puis fondateur de la Ve République. Sa trajectoire relie Lille, Londres, Alger, Colombey-les-Deux-Églises et l’Élysée.

Cette page offre les repères essentiels pour comprendre sa vie et son action. Chaque période mérite ensuite une lecture plus serrée : les textes, les décisions, les lieux de mémoire et les débats qu’ils suscitent éclairent un personnage souvent réduit à quelques images célèbres.

Jeunesse, famille et formation

Charles André Joseph Marie de Gaulle naît le 22 novembre 1890, vers 4 heures du matin, au 9 rue Princesse à Lille, aujourd’hui rue Princesse de Gaulle. Il est le troisième enfant d’Henri de Gaulle, professeur de lettres et d’histoire, et de Jeanne Maillot, issue d’une famille d’industriels lillois.

Sa famille, catholique et patriote, cultive le goût des livres, de l’histoire nationale et du débat d’idées. Les vacances à Lille et dans le Nord comptent dans son imaginaire ; la maison natale conserve ce cadre familial qui aide à situer ses premières années. Pour préparer une sortie adaptée, consultez ce guide de visite sur les traces de Charles de Gaulle à Lille avec des adolescents.

Élève chez les jésuites de l’Immaculée-Conception à Paris, il choisit très tôt la carrière des armes. Reçu à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1909, il en sort en 1912, classé 13e sur 211 élèves, et rejoint le 33e régiment d’infanterie à Arras, commandé par le colonel Philippe Pétain.

La rencontre avec Pétain compte dans sa formation tactique, avant que les deux hommes ne deviennent des adversaires politiques pendant l’Occupation. De Gaulle lit aussi Barrès, Péguy et Bergson ; son écriture, volontiers ample et construite, se nourrit autant de culture littéraire que d’expérience militaire.

Carrière militaire et rôle pendant les deux guerres mondiales

Mobilisé en août 1914, Charles de Gaulle combat sur le front dès les premières semaines de la Grande Guerre. Blessé à plusieurs reprises, il est capturé le 2 mars 1916 à Douaumont, pendant la bataille de Verdun, alors qu’il commande une compagnie du 33e régiment d’infanterie.

Prisonnier en Allemagne jusqu’à l’armistice de novembre 1918, il tente cinq évasions sans succès. Cette captivité lui laisse le temps d’observer, de lire et de réfléchir aux formes futures de la guerre ; elle ne fonde pas à elle seule sa pensée, mais elle renforce son exigence d’analyse.

Après 1918, il sert notamment en Pologne auprès de la mission militaire française, puis enseigne à Saint-Cyr et à l’École de guerre. Dans les années 1930, il défend une armée professionnelle et mobile, appuyée sur des divisions cuirassées, dans Vers l’armée de métier (1934).

Ses propositions restent minoritaires dans une armée française organisée autour de la mobilisation générale et de la défense du territoire. Lors de la campagne de France, le colonel de Gaulle commande une brigade de chars, puis reçoit temporairement la 4e division cuirassée : il mène une contre-attaque à Montcornet le 17 mai 1940, sans pouvoir modifier l’issue de la bataille.

Nommé sous-secrétaire d’État à la Défense nationale et à la Guerre le 6 juin 1940, il refuse l’armistice demandé par le gouvernement de Pétain. Le 17 juin, il gagne Londres ; le lendemain, la BBC diffuse son appel à poursuivre le combat. Le texte entendu le 18 juin n’a pas été enregistré, mais l’événement devient le symbole fondateur de la France libre.

France libre, Libération et gouvernement provisoire

Depuis Londres, de Gaulle organise les Forces françaises libres et cherche à faire reconnaître une France combattante distincte du régime de Vichy. Le ralliement progressif de territoires de l’empire, à partir de l’été 1940, lui fournit des bases politiques, militaires et financières.

Son autorité reste fragile : les Alliés, surtout les États-Unis de Franklin Roosevelt, hésitent longtemps à le considérer comme le représentant de la France. De Gaulle impose pourtant l’idée que la souveraineté française doit survivre à la défaite et que la Libération ne peut se faire sous une administration étrangère.

En 1943, à Alger, il copréside puis dirige seul le Comité français de libération nationale. L’année suivante, le Gouvernement provisoire de la République française s’installe après la Libération de Paris, le 25 août 1944. Il rétablit la légalité républicaine et refuse de traiter la France comme un pays simplement administré par les armées alliées.

Cette période ouvre des chantiers décisifs : droit de vote des femmes, confirmé par l’ordonnance du 21 avril 1944, création de la Sécurité sociale en 1945, nationalisations et reconstruction. L’histoire de la Résistance dépasse largement sa seule personne : réseaux civils, combattants de l’intérieur, déportés et Français libres y ont tenu des places diverses. Pour structurer ce sujet, cette ressource sur la Résistance dans les Hauts-de-France propose des pistes concrètes d’exposé.

En désaccord avec les partis sur les institutions de la IVe République, de Gaulle démissionne le 20 janvier 1946. Il fonde en 1947 le Rassemblement du peuple français (RPF), puis se retire à Colombey-les-Deux-Églises en 1953, tout en restant une référence politique majeure.

Retour au pouvoir et présidence de la République

La crise du 13 mai 1958 à Alger, liée à la guerre d’Algérie, précipite le retour de Charles de Gaulle. Investi président du Conseil le 1er juin, il obtient les pleins pouvoirs pour rédiger une nouvelle Constitution, approuvée par référendum le 28 septembre 1958.

La Ve République renforce l’exécutif et donne au président une place centrale. De Gaulle devient le premier président de ce régime le 8 janvier 1959 ; après la révision constitutionnelle de 1962, le chef de l’État est élu au suffrage universel direct. Il est réélu en 1965 face à François Mitterrand.

Son premier mandat est dominé par la fin de la guerre d’Algérie. Après avoir défendu l’autodétermination, il conduit les négociations qui aboutissent aux accords d’Évian du 18 mars 1962, puis à l’indépendance de l’Algérie le 5 juillet ; ce choix provoque une violente opposition, dont les attentats de l’OAS.

Sa politique extérieure vise l’indépendance nationale : force de dissuasion nucléaire française, retrait de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN en 1966, reconnaissance de la Chine populaire en 1964. Il défend une Europe des États, tout en refusant l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne en 1963 puis en 1967.

Mai 1968 révèle une crise sociale, étudiante et politique profonde. De Gaulle dissout l’Assemblée nationale le 30 mai après une brève disparition qui le mène à Baden-Baden ; les élections législatives de juin donnent une large majorité aux gaullistes. Le référendum du 27 avril 1969 sur la régionalisation et la réforme du Sénat est rejeté : fidèle à son engagement, il démissionne le lendemain.

Vie privée, mort et mémoire

Charles de Gaulle épouse Yvonne Vendroux le 7 avril 1921 à Calais. Le couple a trois enfants : Philippe, né en 1921, Élisabeth, née en 1924, et Anne, née en 1928, porteuse de trisomie 21, morte en 1948 à l’âge de 20 ans.

La mort d’Anne marque durablement ses parents. En 1945, ils créent la Fondation Anne-de-Gaulle, destinée à accueillir et accompagner des personnes en situation de handicap mental ; ce geste donne une dimension intime à une figure publique souvent décrite pour sa réserve.

Après 1969, le général vit à La Boisserie, sa maison de Colombey-les-Deux-Églises. Il y meurt soudainement le 9 novembre 1970, à 79 ans, d’une rupture d’anévrisme. Ses funérailles, le 12 novembre, suivent ses volontés : une cérémonie simple à Colombey, sans chefs d’État étrangers.

Sa mémoire s’inscrit dans des lieux précis : la maison natale de Lille, La Boisserie, le Mémorial Charles-de-Gaulle à Colombey et l’Historial Charles de Gaulle aux Invalides. Les archives familiales, lettres et photographies demandent des précautions matérielles ; ce guide pour préserver des lettres, photos et médailles anciennes aide à éviter les erreurs de conservation.

Œuvres, représentations culturelles et ressources pédagogiques

De Gaulle fut aussi un écrivain. Ses ouvrages militaires, dont Le Fil de l’épée (1932) et Vers l’armée de métier, précèdent ses grands récits historiques : les trois volumes des Mémoires de guerre paraissent entre 1954 et 1959, suivis des Mémoires d’espoir, restés inachevés.

La première phrase des Mémoires de guerre — « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France » — résume sa vision du pays, sans suffire à la résumer. Lire ces textes avec des discours, des archives radiophoniques et des travaux d’historiens permet de distinguer le récit personnel, la stratégie politique et les faits documentés.

Au cinéma et à la télévision, son personnage apparaît dans des documentaires, des fictions et des archives souvent centrées sur Juin 1940, la Libération ou Mai 1968. Pour un travail scolaire, partez d’une question précise, établissez une frise chronologique, puis confrontez un extrait de discours à son contexte et à des sources contemporaines.

Une commémoration peut rester sobre et juste : bleuet, croix de Lorraine dessinée à la main, citation datée et source identifiée suffisent. Le tutoriel de décoration DIY pour le 18 Juin donne un cadre de création respectueux, utile pour une classe, une médiathèque ou une table de lecture.

FAQ

Quand et où Charles de Gaulle est-il né ?

Charles de Gaulle est né le 22 novembre 1890 à Lille, au 9 rue Princesse. La rue porte aujourd’hui son nom.

Quel est le rôle de Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Il lance l’appel du 18 Juin depuis Londres, organise la France libre et dirige ensuite le Gouvernement provisoire après la Libération. Son action vise à maintenir la France parmi les puissances alliées et à restaurer la République.

Pourquoi Charles de Gaulle est-il considéré comme le fondateur de la Ve République ?

Revenu au pouvoir en 1958, il fait adopter la Constitution de la Ve République. Ce texte renforce le pouvoir exécutif et institue des mécanismes qui structurent encore les institutions françaises.

Pourquoi Charles de Gaulle a-t-il quitté le pouvoir en 1969 ?

Il avait annoncé qu’il se retirerait si le référendum du 27 avril 1969 était rejeté. Le « non » l’emporte avec 52,41 % des suffrages exprimés, et il démissionne dès le lendemain.

Quels livres de Charles de Gaulle lire en premier ?

Les Mémoires de guerre constituent le meilleur point d’entrée pour saisir son récit de 1940 à 1946. Vers l’armée de métier éclaire sa pensée militaire avant la guerre, tandis que les Mémoires d’espoir abordent son retour au pouvoir.